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Un centenaire en communion

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www.portsaintlouis.fr / 16.11.2018 - 09:31

Il y a 100 ans de cela, le 11 novembre 1918, le maréchal Ferdinand Foch signait l’armistice dans un wagon restaurant transformé en bureau de commandement du chef des armées alliées. Il était 5h15 dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne. Il prend effet à 11h00, mettant un terme à 4 ans d’une guerre épouvantable, inhumaine.

La ville de Port Saint Louis du Rhône a tenu a commémorer cet évènement, à célébrer la mémoire des soldats tombés tout au long de ces 4 longues années. A évènement exceptionnel, mesures exceptionnelles. Un groupe de travail a planché sur le programme de cette commémoration. Réunissant autour d’une table toutes les générations de port saint louisiens, ce groupe a mis en place un programme qui s’est étendu au delà d’une seule cérémonie du souvenir devant un monument aux morts.
De multiples actions en sont nées, depuis la restauration des monuments et stèles en mémoires des combattants tombés en actions jusqu’à des spectacles en passant par des expositions, des lectures...

Le devoir de mémoire a été le fil rouge de la programmation établie.

C’est la municipalité qui a ouvert le ban en lançant la restauration de ses monuments aux morts. Au delà d’un simple rafraîchissement, c’est une reconstruction complète qui a été entreprise pour la stèle de la 1ère Division Française Libre. Tous en ont bénéficié, depuis la stèle des rapatriés au cimetière jusqu’au monument aux morts de la place des poilus. Le travail entrepris par Max Andréo de Fontvieille a été qualifié d’exceptionnel par le maire de la ville, lors de l’inauguration de ces restaurations vendredi.

Dans la salle du deuxième étage de la tour Saint Louis prêtée par Mme Masson, les enfants du pole enfance jeunesse ont proposé une exposition sur les poilus, et à l’espace Gérard Philipe, Marie-Laure Matrat a accueilli une exposition des lycéens qui ont proposé un travail de présentation des soldats de Port Saint Louis à partir du monument aux morts. De son côté Mme Pauvret à la médiathèque a présenté des cahiers de soldats et a organisé des ateliers de calligraphie sous la houlette d’Henri Merou.

Enfin, ce sont différents spectacles qui ont rythmé la semaine. Des lectures de correspondance poignante de poilus par les associations Ecoute-Voir et les Jardins partagés ont livré un quotidien terrible, d’hommes aspirant à la paix, au bonheur, regrettant de n’être pas plus présent...
Dans l’espace Gérard Philipe, un spectacle de danses entrecoupées de ces mêmes lectures a montré toute la maestria des clubs de danse et de théâtre du collège.

Le 15e Corps d’Armée

Vendredi 9 novembre, une nouvelle rue a été baptisée. Le "Quai de la Suisse", dénomination purement officieuse est devenu officiellement le Quai du 15e Corps d’Armée". Ce corps d’armée composé de provençaux et corses a été injustement traité de lâches au début de la guerre pour couvrir les lacunes d’une stratégie militaire défaillante.
La grande guerre débute par une bataille de Lorraine, qui coûte cher au 15e corps. Le colonel Simonet enrage de l’offensive sur Lagarde "Nous sommes allés à Lagarde contre tout intérêt militaire et nous y sommes restés dans des conditions contraires aux principes les plus élémentaires de l’art militaire". Mais les bruits commencent alors à courir sur l’absence de courage des méridionaux. Le lieutenant d’état-major Antoinat accuse en affirmant que "le 58e régiment n’a pas fait ce qu’il devait faire, qu’il a manqué au devoir militaire en ne tenant pas sur ses positions.Que le temps des discours d’Avignon est terminé et que la seule façon de laver la faute était de se sacrifier ici, que les provençaux avaient prouvé ce qu’ils étaient".
Après Lagarde, la victoire de Moncourt ne taira pas les critiques envers les provençaux qui continuent de subir ces réflexions. Le piège de Dieuze achèvera le travail de calomnie. Pourtant, entre le 10 et le 20 Août, c’est bien le 15e corps qui paie le plus lourd tribut en affichant 4172 hommes tués, victime d’une stratégie défaillante et d’une mauvaise évaluation des forces adverses.
Lorsque le général Joffre déclare par téléphone au ministre de la guerre "J’ai fait replier en arrière le 15e corps qui n’a pas tenu sous le feu et qui a été la cause de l’échec de notre offensive." il déclenche une cascade d’évènements. Le ministre en parle à un sénateur, qui trouve un moyen de justifier les morts de ce début de conflit dans "Le Matin" sous le titre "La vérité sur l’affaire du 21 Août". Dans "L’aurore", c’est un autre sénateur, Georges Clémenceau qui y va de sa verve.
Les divisions décimées lors de cette campagne étaient donc des lâches. Le mal était fait, le 15e corps payait là certainement "la révolte des vignerons de 1907".

Le 15e corps a été réhabilité après la guerre par le président de la république Alexandre Millerand. Depuis Vidauban qui inaugure la première place du XVe Corps, nombre de villes lui rendent hommage au travers d’une plaque. Port Saint Louis s’est inscrite dans cette démarche. Dans notre ville, les soldats Ayme du 112e régiment d’infanterie de Toulon et Taves du 141e régiment d’infanterie de Marseille, sont tous deux tombés à Dieuze un 20 Août 1914, moins de trois semaines après leur mobilisation.

Commémoration

Enfin, dimanche...

Dimanche a été une journée particulièrement émouvante. Une ville unie a fait corps dans son devoir de mémoire, partageant peine, tristesse, espoir et liesse à l’unisson.
La commémoration en présence des enfants de la ville, d’un détachement de légionnaires et de la population a été émouvante. La chorale a chanté, les enfants ont égréné les noms des soldats tombés au feu, les descendants de deux poilus sont venus déposer un bleuet au pied du monument.

Serge Burel, au garde à vous devant le monument aux morts a versé discrètement une larme lorsqu’Aline Cianfarani lui a remis la légion d’honneur au nom du président de la république pour services rendus à la nation.
Un grand moment.

Après l’émotion, la vie a repris ses droits, comme à la fin de la guerre un siècle plus tôt. Un bal populaire organisé par le Comité des fêtes a fait danser les habitants et le spectacle sons et lumières de fontaines et murs d’eau d’Atlantid a clôturé de façon magistrale une journée et une semaine consacrées aux célébrations d’un centenaire.

Vive la France, vive la paix.

La concorde

La semaine terminée il faut féliciter les acteurs qui ont structuré ces manifestations. Ils ont oeuvré afin que tout soit parfait.
Mr François Sylvestre, président de l’association des anciens combattants et victimes de guerre a servi une prestation de grande qualité dans son rôle de chef du protocole lors de la cérémonie du 11 Novembre.
Mr Guillaume Rossi principal du collège Robespierre, Mme Patricia Vincent présidente de l’office de tourisme, Mme Emmanuelle Pauvret coordinatrice de la médiathèque, Mme Marie-Laure Matrat directrice de l’espace Gérard Philipe ont mis leur site à disposition pour l’installation d’expositions et de spectacles.
Les élèves du collège et leurs enseignantes sont à féliciter pour leur spectacle "Partir pour ne peut-être plus revenir".
Le pole enfance jeunesse et prévention a travaillé avec les enfants pour proposer une exposition toujours visible à l’office de tourisme.
La maison de retraite a fabriqué d’innombrables œillets pour décorer les vitrines des commerçants lors ’d ateliers animés par Mme Valérie Caballew.
Des anciens combattants accompagnés de collégiens ont vendu des bleuets pour le compte de L’Œuvre nationale du Bleuet de France.
Les élèves de l’école Paul Eluard sont venus participer à la commémoration du 11 Novembre au monument aux morts.
La chorale Chante au vent sous la baguette de Mme Delcorso a donné un récital durant le bal populaire et a chanté devant le monument aux morts.
Les écoles de la ville ont fait visiter ces mêmes monuments durant la semaine, expliquant aux enfants l’importance de cette date. |
D’autres actions ont été entreprises tout au long de cette semaine, emmenées par un groupe de travail qui a réuni outre tous les noms précédemment cités M Valli, Flangakis, Kuntzmann, Mmes Cipréo, Hugues, Desbonnez, Tavignot, Hannane...

Ce groupe a fourni un travail remarquable, orchestré qu’il était par Frédéric Rougon, premier adjoint au maire et Jean-Louis Munos, chargé de communication auprès de Mr le Maire.

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Un ouvrage numérique interactif est en cours de préparation pour conserver la mémoire de cette semaine consacrée au devoir de mémoire...

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