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Le Baguage des Flamants

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www.portsaintlouis.fr / 30.07.2015 - 11:52

Ils sont revenus au Fangassier...

L’Etang du Fangassier est un lieu unique en Camargue. Sa configuration, son environnement offrent aux flamants roses un site parfait de nidification.
Protégé des prédateurs terrestres, les colonies de flamants y ont élu résidence. Cette année 2015 est une année exceptionnelle pour ceux ci. Les conditions météo de l’hiver ont protégé l’espèce et ont permis aux quelques 15000 couples de donner naissance à plus de 4000 poussins.

Comme chaque année, l’équipe scientifique de la Tour du Valat s’est lancée dans une campagne de baguage et de caractérisation des poussins. Ce sont ainsi 800 poussins qui ont été bagués avec sur une patte la traditionnelle bague du Museum d’Histoire naturelle, et sur l’autre une bague en PVC de couleur blanche frappée d’un code alphanumérique lisible à plus de 300 mètres à l’aide d’un téléscope, un vrai plus pour un suivi non invasif des individus.

L’opération a tout d’une opération militaire. Deux cent cinquante bénévoles parmi lesquels on compte nombre d’étudiants, de riverains ou d’élus, dont Jean-Paul Gay, Marie Dolores Parrodi et Jérôme Bernard pour notre ville, ont été contactés et briefés la veille au soir. Constitution des équipes, déroulement du protocole, explications sur les différentes phases de l’étude sur place etc... rien n’a été laissé au hasard.

En effet, le baguage n’est pas le seul but de cette opération. Le protocole d’étude comporte une véritable caractérisation de chaque individu. L’individu est tout d’abord identifié par ses deux bagues, puis mesuré (tarse et aile), pesé, des plumes sont prélevées pour le sexage et la couleur et le poussin subit une prise de sang, de selles, son âge est estimé et son jabot est évalué afin de savoir s’il a été récemment nourri par les parents. Certains flamants terminent cette caractérisation par une étude de comportement avant d’être tous relachés.

L’opération est délicate, les flamants regroupent leurs poussins dans des crèches. Il faut donc que des équipes de rabatteurs poussent la colonie sur plusieurs kilomètres vers l’enclos en prenant garde de ne provoquer ni entassement ni blessure. Ensuite, tout doit être rapide et sans violence afin de stresser au minimum les oiseaux.

Commence alors un ballet extraordinaire avec bénévoles et scientifiques qui se croisent en se transmettant les oiseaux, qui marquant, baguant, notant, pesant, prélevant, analysant...
Pas de cris, pas de bousculades, tout le monde est concentré, tourné vers le seul bien être de ces animaux qu’on arrache quelques heures à la surveillance des parents. Chaque porteur posant finalement délicatement le poussin avant de le guider vers sa liberté retrouvée.

Moins de trois heures auront suffi à ce point de départ d’études qui vont maintenant durer des années. Avec une espérance de vie de plus de 20 ans, ces animaux pourront être suivis au cours de leurs périples qui emmèneront certains dans la plaine du Pô, ou en Sardaigne, en Turquie, en Espagne, en Algérie, en Tunisie...

La première destination d’un flamant dépend de la météo du jour de l’envol. Il retournera ensuite là où il est déjà allé...

Reste à savoir le temps qu’il fera quand ceux ci partiront.
Deux flamants seront particulièrement suivis. Ils portent des bagues qui sortent de la nomenclature. Ils se nomment ARJ et JPT, bagués en hommage à Alan Johnson et Jean-Paul Taris décédés cette année.

Chance d’y avoir assisté, chance pour les bénévoles d’y avoir participé, cette journée est aussi unique que rare goûtée par tous les participants.

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