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L’hommage à Constant Anghelou

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www.portsaintlouis.fr / 24.08.2015 - 13:15

La ville d’Arles a décidé ce dimanche 23 Août de rendre hommage à Constant Anghelou qui, le 24 Août 1944, est parti de Port Saint Louis du Rhône pour aider les arlésiens à reprendre leur ville aux allemands. L’intervention des Saint Louisiens a été déterminante dans la libération d’Arles.

En mémoire de cet épisode, une stèle a été érigée au rond point de Plan de Bourg, qui marque symboliquement l’entrée de la Ville par Port Saint Louis.

Constant Anghelou, à la tête de ce détachement, est donc honoré par cette stèle.
Résistant de la première heure, il a commencé par distribuer des tracts du parti. Rapidement, il s’est engagé d’abord au parti communiste, puis dans la résistance en Juin 1943. Pour le compte de la résistance, il a participé au Maquis de Régusse, puis de retour à Port Saint Louis, il a fait des relevés topographiques, créé de faux papiers, organisé la confection et la distribution de tracts et du "Patriote Rhodanien" dont il a été le dernier rédacteur. Il a échappé de justesse aux allemands après le dernier numéro du Patriote Rhodanien le 7 juin 1944, et a poursuivi son oeuvre, participant notamment à une fusillade contre les Allemands à la Palissade le 22 Août 1944. Le lendemain, il a répondu à un appel à renforts des FFI d’Arles.

La suite, Constant Anghelou l’a raconté dans un entretien en Octobre 1998

"On décide d’envoyer la patrouille à Arles après le message de Morand. On arrive à Arles. Il y avait les ponts en bois sur les canaux qui étaient en flammes. On est parti dans la camionnette. On retrouve Pouly qui nous demande si on a des mitrailleuses. On était sur la place Lamartine, on tire une vingtaine de coups. Quand ils ont entendu le bruit des mitraillettes, ils nous ont envoyé une dizaine d’obus de mortier par-dessus le pont de Lunel. Il n’y a eu aucun blessé, aucun mort. On avait avec nous un douanier qui avait fait la guerre de 14 et qui nous disait de faire attention. Mais nous, on était jeune. Moi, en 44, j’avais 21 ans1/2. Une patrouille est partie sur le chemin de Tarascon, les Allemands étaient partis, Arles était complètement libéré. En tout, je pense qu’on devait être environ 100 à 150 personnes qui avions des armes. Le 24 août, on était sur la place du Maréchal Pétain. La plaque a été changée en place de la République. Il était 10 heures du matin. A ce moment, on nous signale qu’il y a des Allemands planqués aux ateliers SNCF. On envoie les troupes de Port Saint Louis du Rhône. On va là et on nous dit que des Allemands sont cachés là-dedans. On tire à droite à et gauche, et en fin de compte, on entend tout à coup quelqu’un crier de dessous. Nous,on était à 10 mètres derrière. On voit alors sortir une quinzaine d’Allemands, les bras en l’air, qui commencent à nous dire : « Camarades !Camarades ! », Ce sont les quinze derniers prisonniers de guerre qu’on a fait à Arles. Il était midi. C’est à ce moment-là que les Américains sont entrés avec leurs chars, le 24 août à midi, une heure de l’après midi."

A la tête de son groupe, il aura donc aidé à la libération de la ville d’Arles. Voilà donc l’épisode gravé dans la pierre, là où ils sont entrés dans la ville... à Plan de Bourg.

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PS : Nos remerciements à Mr Jean-Paul Vincent pour son aide documentaire.

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